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La violation des droits légaux des musiciens « giggers » haïtiens : Une triste situation

L’exploitation de l’homme par l’homme. Si l’orchestre décide de retenir le studio pour trois sessions de répétitions de trois heures chacune, les giggers fournissent neuf (9) heures de temps de travail par semaine, en plus des quatre heures d’une soirée dansante. Ce qui fait un total de 13 heures de travail par semaine des « giggers ». Dans une telle situation, le salarié « gigger » reçoit $7, 69 US / heure, soit $100 US divisé par 13 heures. L

Tout ouvrier mérite un salaire décent capable de lui permettre de répondre à ses besoins immédiats et à ceux de sa famille. Dans toute entreprise légale bien structurée, l’employé est gratifié d’une augmentation de mérite proportionnelle à son rendement, en plus d’une augmentation de salaire. L’ouvrier, mettant son expertise et son talent au service d’une entreprise / d’une institution pendant un certain temps, a droit à une promotion en sus de bénéficier de quelques avantages sociaux. Les musiciens haïtiens devraient aussi jouir de ces prérogatives.

Tous les groupes musicaux haïtiens s’autoproclament « institutions », et cela même après un ou deux ans d’existence. S’ils tiennent fort à cette appellation, ils doivent aussi comprendre que dans toute entreprise / institution / industrie, il existe des règles établies par le code du travail du pays où ils siègent et opèrent un business. Ce code spécifie toujours les lois sur le salaire des ouvriers et les mesures relatives à leur protection. Il existe aussi des syndicats de travailleurs qui défendent leurs intérêts et leurs droits. Les musiciens haïtiens sont abandonnés à leur sort, puisqu’il n’existe vraiment aucune instance ou société légale protégeant les droits des artistes, particulièrement ceux des « giggers » qui n’ont aucun contrat de travail.

La lumière sur le royaume divisé

Quand on fait un tour d’horizon à travers ce paysage musical, on se rend compte qu’aucun des musiciens des orchestres les plus populaires n’a signé un contrat légal, où il est stipulé que l’artiste a droit à un congé annuel, à une promotion ou une augmentation de salaire. Dans le vocabulaire lié au marché de la musique haïtienne, certains vocables tels que promotion, augmentation de salaire, pension, assurances maladie et vie, paraissent inusités. Si tous ces avantages sociaux n’existent pas, ce serait vraiment audacieux de parler de « bonus » en fin d’année pour les « giggers ». Tout est verbal, donc à l’oral. Les fondateurs, cofondateurs, maestros et d’autres responsables de groupes musicaux haïtiens n’aiment pas quand on fait luire la lumière sur le royaume sombre.

Dans le milieu musical haïtien, les giggers ne peuvent réclamer une augmentation de salaire. Cela irrite les fondateurs, co-fondateurs et maestros des groupes musicaux. Pour mieux nous faire comprendre, nous jugeons bon de définir le mot « gigger ». C’est un mot dérivé de l’anglais « gig » qui signifie prestation, spectacle, concert. Tout est relatif. Dans le circuit du Jazz, on utilise plutôt l’expression « faire le bœuf ou bœufer » pour parler de « jam session ». Un « gigger » haïtien est un musicien à salaire journalier fixe, un jobber, un employé per diem. Et, tout musicien qui n’a fondé ni cofondé un orchestre est un « gigger » dans toute l’acceptation du terme.

En règle générale, les fondateurs / cofondateurs devraient agir dans l’intérêt collectif pour maintenir leur entreprise productive et éviter la fuite / la défection en cascade de leurs employés. Or, aux yeux du public, ces évadés sont souvent vus et injustement qualifiés de musiciens mercenaires, sans considérer les causes qui sont à l’origine de leur fuite. Dans bien des cas, ils laissent un orchestre pour se joindre à un autre, pensant trouver un aller-mieux ailleurs. C’est comme « kouri pou lapli, tonbe nan gran riviè ». Ces cas sont plus fréquents en Floride, où fonctionnent les groupes haïtiens les plus connus. Même si la Floride est le berceau musical compas direct, les orchestres qui y siègent font leurs meilleures recettes en dehors de cet état du sud des États-Unis. Les groupes musicaux les plus populaires font toujours croire que tout va à merveille pour eux, tant du point de vue musical que des finances. Fait est de constater que seuls les fondateurs et co-fondateurs profitent des avantages financiers. LIRE LA SUITE SUR radiotelevisioncaraibes.com

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